
Cara Delevingne, ingrate ?
Après avoir passé les dernières saisons à truster campagnes publicitaires et couvertures de magazines, la top Cara Delevingne a récemment déclaré ne plus avoir envie de travailler pour l'industrie de la mode - qu'elle juge "dégoûtante" - et vouloir se consacrer pleinement à sa carrière d'actrice...

Des podiums Burberry aux petits papiers de Karl Lagerfeld, elle devient alors La fille du moment : elle enchaîne les shootings aux quatre coins du monde, utilise Instagram pour développer son image de mannequin "rebelle funky", avant de rejoindre en 2014 le clan des mannequins les mieux payées au monde. Et si son physique et son attitude font polémique aussi bien au sein des rédactions que sur les réseaux sociaux, celle qui enchaîne avec une facilité déconcertante les grimaces les moins glamour n'en demeure pas moins adulée par les adolescentes et vénérée par les publicitaires.

Ce serait néanmoins vite oublier que si les nombreuses griffes l'ayant plébiscité lui ont permis de gagner en notoriété (et de remplir copieusement son compte en banque), Cara leur a pour sa part apporté caution cool, visibilité insolente et chiffre d'affaires florissant. Autrement dit, personne n'est ici victime et chacun a le droit de reprendre sa liberté quand il le souhaite.
Là est d'ailleurs tout le génie de Cara Delevingne : lorsque ses consoeurs, prisonnières de la mécanique dorée du fashion system, attendent l'âge de la retraite - 30 ans - pour se retirer (lorsqu'elles ne tombent pas dans l'oubli quelques années plus tôt), la nouvelle coqueluche de Luc Besson décide quant à elle de claquer la porte alors même que le monde du mannequinat semble loin d'être rassasié de son minois espiègle.

Ce que j'en pense
L'industrie de la mode est loin d'être tendre avec ses muses : après s'être vues hissées au sommet de la gloire, ces dernières peuvent en une saison disparaître totalement des radars. Alors si pour une fois les rôles peuvent s'inverser, je trouve cela plutôt réjouissant. Cara Delevingne s'est servie de sa célébrité acquise au sein du milieu de la mode pour attirer l'attention des producteurs de cinéma et atteindre son but (on pourra ainsi la voir prochainement à l'affiche de pas moins de 4 films : Pan, The Face of an Angel, London Fields, Suicide Squad). Et tant mieux si elle profite de sa liberté retrouvée pour dénoncer le comportement abusif de certains photographes ainsi que la vacuité du monde du mannequinat. Il est en effet important que celles qui rêvent d'embrasser ce métier connaissent l'envers du décor. J'espère simplement que Cara saura rester cohérente et qu'on ne la retrouvera pas dans 6 mois en couverture de Vogue...
Par Lise Huret, le 20 août 2015
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