Baptisée "Trench Kisses", la collection Burberry Prorsum présentée ce lundi par Christopher Bailey s'est rapidement révélée être une métaphore filée du personnage de Christine Keeler, call-girl à l'origine de l'affaire Profumo qui secoua l'Angleterre en 1963...
Fasciné par l'histoire de cette danseuse de cabaret ayant entretenu une double relation amoureuse en pleine guerre froide (l'une avec le secrétaire d'État à la Guerre du gouvernement britannique, l'autre avec un attaché militaire soviétique), Christopher Bailey n'a pas hésité à en faire la principale source d'inspiration de son dernier défilé.
Mêlant trench-coat classique aux manches en latex, jupe droite stricte en plastique translucide, petite robe sage sixties recouverte de coeurs naïfs, jupe en cuir rouge passion et ensemble léopard au glamour universel, la première partie du show évoque ainsi l'ambiguïté de cette Anglaise des années 60, entre journées sages et nuits sulfureuses.
Ajoutez à cela moult effets matières au clinquant relativement maitrisé - allant du tacheté léopard or aux lamelles de cuir en passant par les lainages aux détails tridimensionnels, les pans de cuirs entièrement recouverts d'oeillets et les coeurs métalliques premier degré disséminés sur les robes du final - et vous obtiendrez une collection certes "youthful", mais néanmoins assez peu galvanisante.
À force de vouloir se faire trop commercial, Christopher Bailey continue cette saison d'entamer le capital "mélancolico-british" dont il était parvenu à auréoler Burberry Prorsum. Dommage...
Après un petit weekend à Londres, je suis rentrée cette après-midi. J'ai eu la chance d'assister à quelques shows dont Tom Ford et Burberry justement. De mon 3eme rang, j'ai pu observer cette collection Burberry assez soporifique. C'était très charmant, très portable, très commercial et très très proche de la pre-fall et des précédentes collections.
Au bout du 3eme look, je m'ennuyais déjà en déplorant cette formule que C.B. ne cesse de répéter saisons après saisons. J'avais l'impression d'assister à un défilé "produits" et "pret-à-consommer" qui devait plaire aux nombreux clients asiatiques du first row.
Une collection dispensable et qui ne reflète malheureusement pas l’énergie de cette LFW.
C'est ce qu'on attend et préfère de Burberry! Parce que lorsqu'ils jouent dans l'innovation surprenante, souvenir de la collection bonbon "Quality street", c'était raté sans aucun appel! C'est certes simple mais très classieux, comme cette marque l'a toujours porté sur ses épaules! Je ne serai lui demander autre chose!
La jupe et le trench de la deuxième rangée semblent s'engluer dans l'inoubliable à mes yeux!
En même temps, voyons les choses en face. Burberry n'a jamais délivré une collection copiée par le mass market... cela en dit long sur l'influence de la marque sur la rue...